Protection solaire et taches : quel SPF, quelle quantité, et même en hiver ?

Taches brunes liées à l'âge sur une peau claire, marques de boutons sur une peau mate ou foncée : toutes ont un point commun, le soleil les fonce. Sans protection solaire, un soin anti-taches travaille à contre-courant. Voici comment choisir et appliquer votre protection, quelle que soit votre carnation.

Pourquoi les taches foncent-elles au soleil ?

Parce que les UV stimulent la fabrication de mélanine, le pigment brun. Résultat : les lentigos peuvent foncer l'été, le mélasma revient souvent avec le soleil, et les marques laissées par un bouton peuvent s'aggraver sous les UV. Sur peau mate à foncée, la lumière visible, que la plupart des crèmes solaires filtrent mal, joue aussi un rôle.

Les lentigos solaires, ces taches de vieillesse fréquentes sur les peaux claires avec l'âge, naissent d'une exposition chronique aux UV et peuvent foncer légèrement l'été (DermNet). Le mélasma, ou masque de grossesse, voit souvent sa pigmentation revenir avec le soleil d'été, même après une amélioration (DermNet). Quant aux marques post-inflammatoires, plus fréquentes et plus marquées sur peau foncée, elles peuvent s'aggraver sous les UV et mettre des mois, voire des années, à s'estomper d'elles-mêmes (Davis et Callender, 2010).

UVB, UVA, lumière visible : que filtre une crème solaire ?

Une crème solaire filtre les UVB, principaux responsables des coups de soleil, et les UVA, qui participent au vieillissement prématuré de la peau. Le SPF mesure surtout la protection contre les UVB. La plupart des produits filtrent en revanche peu la lumière visible, sauf les crèmes teintées à base d'oxydes de fer.

La recommandation européenne 2006/647/CE demande que chaque produit solaire protège des deux types d'UV : sa protection UVA doit atteindre au moins le tiers de son SPF. Le logo UVA sur le tube indique que ce seuil est respecté (Que Choisir). Le texte rappelle aussi qu'aucun produit ne filtre la totalité des UV.

Pour la lumière visible, une revue publiée dans le Journal of the American Academy of Dermatology explique que les filtres minéraux en nanoparticules, choisis pour éviter les traces blanches, ne la bloquent pas. Ce sont les oxydes de fer et le dioxyde de titane pigmentaire des crèmes teintées qui le font : pour protéger de la lumière visible, une crème solaire doit être visible sur la peau, résument les auteurs.

SPF 30 ou SPF 50 : lequel choisir ?

Pour un visage à taches, un SPF 30 est un minimum, et un SPF 50 offre une marge utile, car on en applique généralement moins que la quantité du test. Les deux appartiennent à la catégorie « haute protection ». L'écart sur le papier est faible : la quantité appliquée et le renouvellement font la vraie différence.

Catégorie (recommandation européenne) SPF affiché
Faible protection 6 et 10
Protection moyenne 15, 20 et 25
Haute protection 30 et 50
Très haute protection 50+

Selon ce même texte, un SPF 15 absorbe 93 % des UVB et un SPF 30, 97 %, dans les conditions du test ; au-delà de 50, la protection n'augmente plus de façon notable. Pour les marques post-inflammatoires, Davis et Callender recommandent un SPF 30 à large spectre, chaque jour.

Quelle quantité appliquer, et quand la renouveler ?

Comptez au moins une cuillère à café pour le visage, soit la longueur de l'index et du majeur, appliquée environ 15 minutes avant de sortir. Renouvelez toutes les deux heures à l'extérieur, et après une baignade, une transpiration ou un passage de serviette. Mettre deux fois moins de produit peut faire perdre jusqu'à deux tiers de la protection.

Ces repères viennent de l'Académie américaine de dermatologie et de la recommandation européenne. Celle-ci rappelle que le SPF est mesuré avec 2 mg de produit par cm² de peau, soit six cuillères à café (environ 36 g) pour le corps d'un adulte, plus que ce que l'on applique d'habitude. Un fond de teint avec SPF, posé en couche fine, a donc peu de chances d'atteindre l'indice affiché : gardez-le en complément. Et près d'une fenêtre, souvenez-vous que les UVA traversent les vitres (Skin Cancer Foundation).

Faut-il mettre de la crème solaire en hiver ?

Oui, sur le visage, si vous cherchez à atténuer des taches. Les UVB sont moins intenses en hiver, mais les UVA restent présents toute l'année et traversent les nuages et les vitres. En altitude et sur la neige, les UV restent agressifs. Un SPF le matin, au moment de votre crème de jour, est l'habitude la plus simple.

La Skin Cancer Foundation précise que l'intensité des UVB varie selon la saison, alors que les UVA gardent leur force toute l'année, et que la neige et l'altitude augmentent l'exposition. L'Académie américaine de dermatologie rappelle que la peau reçoit des UV à chaque sortie, même par temps couvert et en hiver.

Et en plein été, ou en vacances ?

En plein soleil, la crème ne suffit pas à elle seule. L'Organisation mondiale de la santé conseille de chercher l'ombre aux heures de midi dès que l'indice UV atteint 3, et d'éviter de sortir à ces heures à partir de 8. Chapeau, vêtements couvrants et renouvellement toutes les deux heures complètent le SPF.

L'indice UV du jour s'affiche dans la plupart des applications météo ; le barème vient de l'OMS. La recommandation européenne demande d'ailleurs aux fabricants d'avertir de ne pas rester trop longtemps au soleil, même avec un produit de protection solaire.

Peau mate à foncée : pourquoi choisir une protection teintée ?

Parce que sur peau mate à foncée, la lumière visible fonce aussi la peau, de façon plus marquée et plus durable que les UVA longs. Une crème solaire classique la filtre mal. Une protection teintée, contenant des oxydes de fer, la bloque mieux. Elle est jugée utile en cas de marques post-inflammatoires ou de masque de grossesse.

Dans une étude menée chez 20 volontaires de phototypes IV à VI, la lumière visible a provoqué une pigmentation plus foncée et plus durable que les UVA longs, alors qu'une peau claire de phototype II n'a pas pigmenté (Mahmoud et al., 2010). La revue de Lyons et al. (2021) juge les protections teintées utiles en cas de mélasma ou de marques post-inflammatoires, et DermNet conseille, en cas de mélasma, un SPF 50+ contenant des oxydes de fer, toute l'année. En pratique : cherchez « teinté » sur l'emballage et des oxydes de fer dans la composition, dans une nuance proche de votre carnation. Les auteurs notent que le mélange de plusieurs oxydes de fer permet des teintes pour toutes les carnations.

Peau claire après 45 ans : que change la protection pour les lentigos ?

Elle en est la base. Les lentigos sont la trace d'années d'UV, et une protection solaire stricte aide à prévenir l'apparition de nouveaux lentigos. Elle limite aussi leur retour après une séance de laser ou de cryothérapie chez le dermatologue. Chapeau à larges bords et ombre aux heures chaudes complètent la crème, sans la remplacer.

Selon DermNet, les lentigos peuvent être prévenus par une protection solaire stricte, qui reste nécessaire après les techniques médicales pour éviter les récidives. Si votre routine contient un rétinoïde ou des acides de fruits (AHA), soyez encore plus rigoureuse : ces actifs augmentent la sensibilité de la peau au soleil (DermNet ; FDA). Pour reconnaître un lentigo et savoir quand le faire examiner, lisez notre article Taches brunes sur le visage.

Où placer la protection solaire dans votre routine ?

En dernière étape du soin du matin, avant le maquillage : nettoyant, sérum, crème hydratante si besoin, puis SPF. Un sérum antioxydant à la vitamine C peut compléter la protection solaire, jamais la remplacer : seule, la vitamine C protège très peu des UV, et éviter l'exposition reste la meilleure défense.

Ces deux points viennent de la revue de Pullar et al. (2017). Al-Niaimi et Chiang (2017) ajoutent que les filtres solaires ne neutralisent qu'une partie des radicaux libres créés par les UV, d'où l'intérêt d'un antioxydant en complément. C'est le rôle du sérum du matin de notre Duo Sérums Anti-Taches : 2 % d'ascorbyl glucoside, une forme stable de vitamine C, avec de l'acide férulique, à appliquer avant votre SPF. Le soir, son second sérum, à l'alpha-arbutine, vise l'apparence des taches.

Quand consulter un dermatologue ?

Consultez sans attendre si une tache grossit, change de forme ou de couleur, ou ne ressemble pas aux autres. Prenez aussi rendez-vous si des plaques brunes apparaissent des deux côtés du visage, si des marques persistent depuis des mois malgré une protection solaire quotidienne, ou si un produit a foncé ou irrité votre peau.

  • Un signe de la règle ABCDE : asymétrie, bords irréguliers, couleur non homogène, diamètre supérieur à 6 mm, évolution (Assurance Maladie).
  • Des plaques brunes symétriques sur le visage, en particulier pendant une grossesse ou sous contraception hormonale : un mélasma se confirme chez le médecin (DermNet).
  • Des marques anciennes sur peau foncée : quand le pigment se situe dans la couche profonde de la peau, la marque peut durer très longtemps, voire rester (Davis et Callender).
  • Une réaction à votre crème solaire (rougeurs, démangeaisons) : un médecin pourra vous orienter vers une autre formule.
  • Un produit acheté hors des circuits contrôlés qui a irrité ou foncé votre peau : la DGCCRF signale des produits illicites contenant des substances interdites et dangereuses.

Sources